Le fragile désir d’avenir de Royal.
Si la date du 6 mai 2007 signe de façon incontestable l’entrée de Nicolas Sarkozy au panthéon de la droite française, on ne sait pas encore très bien quelle place Ségolène Royal occupera dans
l’histoire mouvementée de la gauche. On peut la voir comme une simple comète qui aura traversé le ciel en laissant une légère traînée lumineuse ; on peut la croquer en éléphante programmée
pour rejoindre à plus ou moins long terme un cimetière déjà bien rempli, mais on peut tout aussi bien l’imaginer comme une éclaireuse qui, par-delà la défaite, aura réussi à ouvrir un nouveau
cycle.
Que le doute soit permis est déjà une information en
soi : le résultat du 6 mai 2007 apparaît en effet tellement sans appel[…]
Sans financement de grande ampleur de
l'assurance-chômage, la réforme annoncée du contrat de travail unique risque d'être partielle et inefficace. Réformer le marché du travail est la mère des batailles de ce quinquennat ; la plupart
des maux qui rongent notre économie découlent du fort chômage et du sous-emploi. On connaît le diagnostic : la France a l'un des droits
du travail les plus rigides de la zone OCDE, ce qui décourage l'embauche, maintient un taux de chômage élevé et bride l'innovation. En outre, notre marché du travail est
dual, entre employés en CDI très protégés et travailleurs précaires. On connaît aussi la solution, elle vient d'Europe du Nord avec cette intuition géniale :
remplacer l'illusoire protection des emplois par une protection des[…]
Claude Allègre, fidèle de Jospin, critique François Hollande et Ségolène
Royal.
A plusieurs reprises, Claude Allègre, fidèle de Lionel Jospin, a été contacté à par Nicolas Sarkozy qui aurait souhaité le nommer dans le gouvernement Fillon. L'ancien ministre de l'Education
nationale explique les raisons de son refus.
Que vous a proposé Nicolas Sarkozy ?
Il m'a proposé d'être ministre. Le projet de réformer la recherche et l'enseignement supérieur français en y mettant des moyens importants, sur lesquels il s'est engagé, est pour moi
fondamental pour l'avenir de notre pays. Ce projet doit dépasser les clivages politiques. Pourtant j'ai décliné l'offre. C'était une décision difficile. Il y[…]
Défaite de la gauche: le 21 avril 2002 n’était pas un
accident
Par Frédéric Sawicki (Professeur de Science Po. à l’Université de Lille 2) 20H20 06/05/2007
La claire défaite de Ségolène Royal était largement prévisible au vu des résultats du premier tour. La joie des socialistes d’être qualifiés a occulté la contre-performance de la gauche. En
pourcentage, les candidats de la gauche de gouvernement (feu la gauche plurielle) ont obtenu le 22 avril dernier trois points de moins qu’en 2002 (29,37% contre 32,45%). Au total, gauche et
extrême gauche ont perdu sept points par rapport à 2002 (36,1% contre 42,89%)! Le pire score depuis 1969.
Cette déroute est d’autant plus spectaculaire que[…]
DSK envisage de soutenir le MoDem là où la gauche est absente du 2e tour
"Dans les circonscriptions où le candidat de gauche est éliminé, (…) nous réfléchirons à un soutien du parti socialiste au candidat MoDem pour battre Nicolas
Sarkozy", déclare le socialiste Dominique Strauss-Kahn.
Ségolène et Dominique,
unissez-vous
Ancien ministre, maire de Mulhouse et sénateur du Haut-Rhin, Jean-Marie Bockel est connu au Parti socialiste pour sa défense du blairisme. Il est proche de Dominique Strauss-Kahn, dont il a
soutenu la candidature à l'investiture pour la présidentielle de 2007. Il prône ici la réconcilaition avec Royal pour une modernisation du parti.
Il y a dix ans, en 1997, à quelques mois d'intervalle, Tony Blair et Lionel Jospin accédaient au pouvoir. En 2007, le premier ministre travailliste rend son tablier après avoir été élu trois fois
de suite. De son côté, la gauche française essuie une nouvelle défaite. Elle sait déjà qu'au mieux, de Chirac à[…]
Deux France, par Jean-Marie Colombani
Il n'est un secret pour personne que Nicolas Sarkozy aborde le second tour de l'élection présidentielle en position de force. Les sondages le donnent invariablement vainqueur, et
le face-à-face télévisé tant attendu n'a pas été de nature à renverser, à lui seul, le cours de la campagne.
AFP/ERIC FEFERBERG
Le directeur de la publication du "Monde"
Jean-Marie Colombani, le 21 janvier 2005.
La tentation peut être grande, dans ces conditions, de se projeter au-delà, de considérer que nous sommes déjà entrés dans l'ère Sarkozy. Au contraire, l'importance de l'enjeu –
l'amorce d'une[…]
LA GAUCHE (traditionnelle) est morte. Vive la gauche
(moderne) !
La très large victoire de Nicolas Sarkozy, à qui il faut souhaiter bonne chance, n’a pas été seulement remportée sur son
adversaire, Ségolène Royal, à qui il faut rendre hommage. C’est d’abord la sévère défaite de la stratégie adoptée depuis des années par le Parti socialiste.
Les raisons en sont aussi simples qu’elles étaient, malheureusement, prévisibles : un programme archaïque et un système d’alliance
dépassé.
Si le PS n’en tire pas les conséquences, après trois échecs successifs aux présidentielles, il continuera de perdre. Son avenir sera
alors celui d’une lente et irréversible marginalisation.
Le recul de l’extrême-gauche signifie que les[…]
Gauche : les divisions de la rénovation, par Michel Noblecourt
A peine la défaite, nette, de Ségolène Royal avait-elle été annoncée à ses partisans que les dagues sont sorties au Parti socialiste. Comme une promesse, juste différée, de règlement de
comptes entre une candidate et un parti qui ont toujours eu du mal à se reconnaître mutuellement. Le premier, Dominique Strauss-Kahn, battu à la primaire socialiste par la députée des
Deux-Sèvres, a fait feu sur le quartier général de la rue de Solférino, en jugeant que la gauche a échoué parce qu'elle "n'a toujours pas fait sa rénovation". Avant de mettre en garde,
le 7 mai, contre les risques de division, Laurent Fabius a dénoncé "une certaine[…]
« On continue »
Ségolène : la charge de
Solférino
Candidate, elle était. Candidate, elle demeure. Et tant pis si cela ne fait pas l'affaire des autres dirigeants socialistes. A commencer par le premier d'entre eux : François
Hollande.
J'ai dit que je n'avais pas gagné
. » La phrase a un peu de mal à sortir, mais l'honneur est sauf. Elle n'a pas prononcé le mot tabou ! Depuis son échec au second tour de la présidentielle, Ségolène Royal prend un malin
plaisir à ne jamais parler de « défaite ». Vendredi dernier, à Paris, au 282 boulevard Saint-Germain, elle y est de nouveau parvenue. Dans ce qui fut son quartier général de campagne, il y a du
café, des macarons et une vingtaine de journalistes qu'elle[…]
Les conditions de retour à
l'emploi des chômeurs: l'activation "à la française".
La question du retour à l'emploi des chômeurs et des bénéficiaires de l'aide sociale est aujourd'hui devenue essentielle. Le Danemark et le Royaume-Uni font
figure en Europe de référence en la matière. Les Danois ont développé un modèle d'activation, actuellement très en vogue en France, celui de la flexicurité. Quant aux Britanniques, ils ont emprunté la voie typiquement anglo-saxonne du workfare. Ces
dispositifs cherchent chacun à sa manière à favoriser la réarticulation entre le marché du travail, la protection sociale et la formation. Depuis la fin des années 1980, la France oscille, au gré
des réformes institutionnelles successives, entre ces deux modèles. L'auteur[…]
De la précarité à la mobilité : vers une Sécurité sociale professionnelle
Rapports officiels
Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie
Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, PIERRE CAHUC FRANCIS KRAMARZ
En France, parce que le chômage est depuis près de trois décennies le problème essentiel de la société française, réduire la précarité, tout en facilitant la création d'emploi et la mobilité
professionnelle,[…]
FRANCE. Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie; FRANCE. Ministère de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale
Paris;La Documentation française;2004;204 pages
(Collection des rapports officiels)
Réduire la précarité, tout en facilitant la création d'emploi et la mobilité professionnelle : la réussite de cet objectif passe, selon Pierre Cahuc et Francis Kramarz, par la constitution d'une
future "Sécurité sociale professionnelle". Pour ce faire, les auteurs proposent notamment la création d'un "guichet unique" destiné aux demandeurs d'emploi et impliquant une personnalisation de
l'accompagnement (indemnisation du chômage, reclassement...). L'ouverture des professions, secteurs ou diplômes, "fermés" en raison de numerus clausus mais[…]
A l'automne doivent être organisées quatre «conférences sociales» sur
la démocratie sociale, l'égalité salariale hommes-femmes, la «flexisécurité» et les conditions de travail. L'idée de ces conférences est de Raymond Soubie, le nouveau conseiller du Président pour
les affaires sociales. Un sujet est à peu près consensuel : l'égalité salariale hommes-femmes. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, s'est fixé une échéance de «deux ans maximum pour y
parvenir». Patronat et syndicats ont déjà bien avancé sur les conditions de travail, mais derrière la question de la pénibilité se pose celle de la cessation anticipée d'activité et de
son incidence sur les régimes de retraites. Le thème de la démocratie sociale est nettement plus délicat : sur la[…]
Eric Le Boucher, éditorialiste à la rédaction du "Monde", analyse la victoire de Nicolas Sarkozy sous l'angle économique. Il estime que les Français ont fait le choix de "plus de dynamisme,
quitte à ce qu'il y ait plus d'inégalités".
"C'est le modèle anglo-saxon qui a gagné"
LEMONDE.FR | 08.05.07 | 10h37 • Mis à jour le 08.05.07 | 10h45
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