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Lundi 21 juillet 2008

attali.jpgLa gauche a donc perdu des élections présidentielles , puis législatives, imperdables. Si elle ne veut pas rester dans l’opposition pour le prochain quart de siècle, elle doit reconnaitre ouvertement sa déroute et en tirer toutes les conséquences.

D’abord, les électeurs et les militants des partis de gauche doivent, dès le soir du second tour des législatives , avoir le courage d’écarter des responsabilités tous ceux de leurs dirigeants qui ont participé à cet échec, dont le peuple de gauche est la première victime : Dirigeants des partis, candidats à l’élection présidentielle, animateurs de campagne, rédacteurs du programme, tous, malgré leurs qualités indéniables, ont échoué et doivent laisser leur place à d’autres. Quitte à revenir, plus tard, aux affaires, s’ils savent se nourrir d’une traversée du désert.

Ensuite, les militants socialistes doivent reconnaitre que tout était faux dans la stratégie mise en œuvre par leurs responsables depuis dix ans : Le refus de débattre du fond , l’incapacité à reconnaitre les changements du monde, la crispation sur des enjeux dépassés, le maintien de rituels de partis devenus anachroniques, la confusion entre des discours contradictoires, l’absence de programmes présidentiels clairs et ancrés dans la modernité ; et enfin, ultime absurdité, après la défaite aux élections présidentielles, le refus de mener une campagne pour gagner les élections législatives.

Et voilà que ces dirigeants discrédités prétendent continuer comme avant. On les entend avec consternation débattre d’alliances sans parler de programmes, de postes sans réfléchir aux missions, de règlements de comptes sans bâtir des projets. Enfermés dans des schémas d’analyse et d’organisation dépassés, ils pérorent, insultent, invectivent, promettent. Comme s’ils avaient gagné. Comme s’ils étaient l’avenir.

Les Français attendent de l’opposition de gauche qu’elle reconnaisse d’abord son erreur, qu’elle retrouve son rôle d’avant-garde, qu’elle décrypte le monde, ses injustices et ses potentialités. Et qu’elle choisisse ces combats : d’abord celui de la responsabilité (comment rendre aux citoyens une influence  concrète sur  leur propre destin ?), puis celui de la liberté (comment ne pas devenir prisonnier de l’hypersurveillance) et enfin celui de l’égalité, (comment recréer une réelle mobilité sociale ?).

Les Français attendent enfin des socialistes qu’ils changent d’organisation et peut etre meme de nom . C’est une immense tâche. Si elle veut être prête dans cinq ans, la gauche doit commencer tout de suite. 
 
Tabula rasa

Publié à 20:03 | Commentaires (24) | TrackBack (0)

par François Alex publié dans : BIG BANG communauté : Social-démocratie
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